Chronique

Dans «Les gardiens de la forêt enchantée», Marine Calmet parie sur l’intelligence de l’enfance pour réparer les errances des grands

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Forêt en chantier. Dans son premier livre destiné aux plus jeunes, la spécialiste des droits de la nature embarque les lectrices et lecteurs au cœur d’un projet de parc d’attractions en pleine forêt. De quoi se questionner sur le sens des priorités.

Tout commence par une bonne nouvelle. «Un visiteur avec un casque bariolé» se présente dans la classe d’Ulysse pour présenter «La forêt enchantée», un grand parc d’attractions qui doit voir le jour à la sortie du village. Les enfants sont excités mais il va falloir être patients, les travaux s’annoncent colossaux… Ulysse est un garçon curieux, et il veut en savoir plus. En observant le chantier, il comprend rapidement qu’il y a quelque chose qui cloche…

Marine Calmet, avocate de formation, est une spécialiste des droits de la nature. Présidente de Wild Legal, une ONG dont l’objectif est d’accorder une personnalité juridique aux écosystèmes en danger, elle signe avec Les gardiens de la forêt enchantée son premier album jeunesse, en compagnie de l’illustratrice Delphine Balme.

© Éditions Athizes

Une expérience très réaliste pour mieux se projeter

Dans un monde où les adultes ne font pas tout correctement, ce sont les enfants qui sonnent la révolte. Marine Calmet mise sur l’intelligence de la jeunesse, avec un mantra : «L’enfant comme l’étincelle, petit par sa taille, grand par son pouvoir.»

L’histoire, inspirée du livre Les arbres doivent-ils plaider, de Christopher Stone, juriste pionnier des droits de la nature, permet aux enfants de se projeter dans une expérience concrète. Et de questionner les priorités, entre la satisfaction d’un plaisir immédiat et les conséquences à plus long terme. Le récit s’inscrit dans la réalité du quotidien — à l’école, en famille — pour mieux embarquer le jeune lectorat et l’inviter à la discussion.

«Les gardiens de la forêt enchantée», de Marine Calmet et Delphine Balme, éditions Athizes, mars 2025, 32 pages, 17 euros.

L’avis de Ada, sept ans

«Le livre est trop génial. Ça explique que c’est pas bien de couper des arbres juste pour faire un parc d’attractions. C’est cool parce que les enfants vont pouvoir s’amuser mais ça risque d’abîmer la forêt. Leur parc d’attractions, ils pourraient très bien le mettre à un endroit dans la ville où il y a de la place. Ce que je trouve chouette, c’est que les enfants participent aussi pour que ça s’arrête. Et ils comprennent : ils ne sont pas là à se dire que les autres ont qu’à s’en occuper, ou à juste penser qu’ils veulent jouer dans le parc.

On se rend compte aussi qu’il y a beaucoup d’animaux différents dans la forêt. Je trouve qu’ils sont très bien dessinés, j’aime bien les couleurs utilisées. Ça m’a plu que le début de l’histoire raconte comment ça se passe dans la vie de la famille du petit garçon, un peu avant que l’histoire commence vraiment. J’aime bien aussi que ce soit seulement au milieu que les enfants se rendent compte que c’est pas bien, ça fait qu’on peut imaginer comment ce sera la suite, ce que vont penser les enfants… Sur les dessins, j’ai aimé qu’il y ait un peu de blanc dans tous les cheveux, ça fait ressortir les couleurs. Je trouve que c’est joli que les couleurs soient assez claires. Et il y a beaucoup de détails, et moi j’aime bien les détails.»

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

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