Audi a bien mis des haut-parleurs dans les moteurs pour faire hurler ses bolides

Envie de vrombir.
Plusieurs constructeurs automobiles utilisent des hauts-parleurs pour faire rugir plus fort les moteurs de leurs véhicules, au détriment de la santé des riverain·e·s.

« Hier j’ai appris que chez Audi (entre autres), on mettait des haut-parleurs dans le système d’échappement pour balancer vroumvroum.mp3 à chaque pression de la pédale et donner l’impression que ton SUV diesel de connard sonne comme un SUV v8 de gigantesque connard. » Vendredi dernier, l’internaute Daz a fait part de son étonnante découverte sur Twitter, une publication largement partagée depuis lors.

https://twitter.com/dazjdm/status/1446401670410350594?s=20

De Volkswagen à Audi, les constructeurs automobiles ne s’en sont pourtant jamais cachés. « Amplifiez le vrombissement de votre moteur », écrit ainsi Audi sur la page de son site qui vante son « Audi Motor Sound System ». Celui-ci équipe des véhicules diesel, plus silencieux que les modèles essence. Pour que « chaque trajet dans votre Audi devienne également une expérience acoustique », une garantie pour capter « à coup sûr l’attention ».

Brochure Audi Motor Sound System © Audi

Surtout celle de riverain·e·s agacé·e·s faisant les frais de cette pollution sonore, qui touche près de 25 millions de personnes en France selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Plusieurs villes comptent d’ailleurs expérimenter des radars « anti-bruit » à partir de cet automne (Vert).

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

Contacté par Libération, Audi a expliqué que son accessoire commercialisé en 2016 avait été retiré « très rapidement » de la vente et « les stocks d’accessoires repris » à partir de 2017 chez les réparateurs agréés. Il est toutefois facile d’obtenir aujourd’hui ce gadget sans passer par les constructeurs, dont certains continuent aussi à proposer un amplificateur de son à l’intérieur de l’habitacle de leur véhicule, pour leurs clients en « mâle » de vrombissements. 

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, en matière de pollution comme de climat, notre gouvernement protège davantage les intérêts des industriels que notre santé et l’avenir de nos enfants.

Alors que le débat démocratique est pollué comme jamais, nos journalistes ont un rôle inédit à jouer. 

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe d’enquête et solutions spécialisée dans la santé et les pollutions, et va se renforcer sur le climat.

Objectif : + 5 000 membres du Club avant le 14 juin pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti