Pas de calmé. À l’issue d’une semaine de crues et de fortes pluies, les habitant·es sinistré·es du Pas-de-Calais craignent d’énièmes dégâts alors que de nouvelles intempéries sont attendues en ce début de semaine.
Dans le Pas-de-Calais, la fatigue et l’inquiétude continuent de planer au-dessus des populations sinistrées par des inondations depuis la semaine dernière. Les crues exceptionnelles de la Liane, l’Aa et la Canche ont entraîné de gros débordements mardi dernier, à nouveau alimentés par de fortes intempéries en fin de semaine. Après une brève accalmie ce week-end, une reprise des précipitations est prévue ces lundi et mardi, laissant craindre de nouvelles inondations. La vigilance rouge pour risques de crues a été levée dimanche matin, mais le département reste en vigilance orange.
Près de 250 communes ont été touchées par des inondations à des degrés plus ou moins importants depuis la semaine dernière, dont les alentours de Montreuil-sur-mer et Saint-Omer. À Saint-Étienne-au-Mont, à proximité de Boulogne-sur-mer, entre 300 et 350 maisons ont été inondées, d’après la maire.

Près de 400 établissements scolaires garderont leurs portes closes jusqu’à mercredi, a prévenu la préfecture du département dans son dernier point de situation. 600 foyers restent privés d’électricité et 7 200 personnes subissent des restrictions d’usage de l’eau – une situation qui devrait perdurer jusqu’en milieu de semaine.
Ces crues exceptionnelles sont liées à des cumuls de pluie remarquables ces dernières semaines. «Sur les quinze derniers jours, certaines stations du Pas-de-Calais ont enregistré des cumuls de pluie qui ont, chaque année, une chance sur 100 de se produire», détaille Météo-France, qui a relevé 275 millimètres à Bainghen, 263 mm à Nielles-les-Blequin ou 240 mm à Boulogne-sur-mer. À titre de comparaison, «250 mm de pluie signifient que 250 litres d’eau tombent sur un mètre carré de la zone concernée», illustre Météo-France.
S’il est trop tôt pour associer à ces intempéries au changement climatique, on sait que celui-ci a pour effet de multiplier et d’intensifier les précipitations extrêmes, a pointé le Giec dans son dernier rapport (notre article).