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Penseur majeur de l’écologie politique, Bruno Latour est mort

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Ultime métamorphose. Disparu dans la nuit de samedi à dimanche, le philosophe, sociologue et anthropologue Bruno Latour, laisse un héritage intellectuel immense pour penser l’écologie.

L’un des intellectuels français les plus connus de notre époque s’est éteint ce weekend à l’âge à 75 ans. Tardivement compris en France, Bruno Latour est un penseur inclassable, au carrefour de la sociologie des sciences et des techniques, de la philosophie, mais aussi de l’art contemporain et du théâtre. Né à Beaune (Côte-d’Or) le 22 juin 1947 dans une famille de riches vignerons, il est reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1972. Sociologue de profession, formé à l’anthropologie en Côte d’Ivoire, il enseigne à l’école des Mines de 1982 à 2006 avant de diriger le laboratoire de recherche de Sciences Po. Reconnu dans le monde entier, il a notamment reçu le prix de Kyoto en 2021 pour l’ensemble de ses travaux, qui récompense des contributions remarquables en sciences, arts et philosophie.

Bruno Latour, lors d’une de ses conférences théâtrales sur l’écologie, donnée en 2015. © G. Garitan

Influencé par le philosophe Michel Serres, l’écrivain Charles Péguy, le psychologue Gabriel Tarde ou encore le sociologue Harold Garfinkel, Bruno Latour a d’abord étudié la science à travers ce qui n’est pas scientifique – culture, coutumes -, ce qui lui a parfois valu d’être qualifié de « relativiste ». Plus tard, c’est grâce à sa conception de l’écologie comme nouvelle lutte des classes que l’homme à l’œil rieur a conquis le grand public. Ses essais Où atterrir ? Comment s’orienter en politique (2017) et Où suis-je ? Leçons du confinement à l’usage des terrestres (2021, notre chronique) ont rencontré un franc succès. Il y invite notre espèce, hors-sol, à « atterrir » et à remettre nos manières d’habiter la Terre au centre des décisions politiques. Pour que nous devenions enfin des « terrestres », conscient·es des limites de notre planète.

Professeur et chercheur en bande organisée, Bruno Latour laisse un héritage important. Il a participé à former bon nombre d’intellectuel·les, dont le philosophe du vivant Baptiste Morizot, le philosophe politique Pierre Charbonnier, la philosophe féministe Emilie Hache ou l’historienne de l’art Estelle Zhong Mengual qui poursuivent son travail pour inventer de nouvelles manières d’habiter le monde.

Pour s’initier à la richesse de sa pensée, une série d’entretiens datant de mars 2022 est à découvrir sur France culture. Relisez notre chronique d’Où suis-je ?, l’un de ses tout derniers ouvrages.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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