Chronique

« Le sens de la formule », ou l’histoire des hippies du bio

  • Par

C’est bio à voir. Dans Le sens de la formule, Willy Waller et Pierre Lecrenier croquent les débuts artisanaux de Body nature – une entreprise de produits ménagers et de cosmétiques bio – au cœur des années 70, lorsque le tout-chimique est roi. Récit en bande-dessinée d’une aventure entrepreneuriale où l’amour de la nature se conjugue avec un sens aigu des affaires.

1972. Dans la région d’Orléans, à une époque marquée par mai 68, les luttes antinucléaires et le retour à la terre, un jeune commercial dégourdi, Gilles Garnaud, quitte son travail dans la grande distribution pour se lancer dans la vente de savon naturel. Interpellé par la lecture du Printemps silencieux de Rachel Carson – ouvrage dans lequel la biologiste dénonce les effets dévastateurs du DDT sur les écosystèmes – l’entrepreneur développe une large gamme de produits bio, aux côtés de sa femme Jeanne-Marie, chercheuse au CNRS.

Des premiers clients au lancement des cosmétiques et à la fabrication de ses propres produits, le succès linéaire et fulgurant de l’entreprise témoigne d’une certaine insouciance des Trente glorieuses autant que des prémices d’une prise de conscience écologique. Une bédé pour retrouver l’esprit des pionnier·ères de la bio, bien loin des modes « green » et de la récupération industrielle actuelles.   

Le sens de la formule, Willy Waller, Pierre Lecrenier, Rue de l’échiquier BD, janvier 2022, 128p., 17,90€

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.