Jeff Bezos, le pape du greenwashing

L'hôpital, la charité…
Le patron d'Amazon, Jeff Bezos, a distribué les premières enveloppes de son fonds de 10 milliards de dollars destiné à lutter contre le dérèglement climatique.

Lundi, l’homme le plus riche de la planète a annoncé comment seraient dépensés les 791 premiers millions de dollars (666 M€) de son Earth fund (fonds pour la Terre). Une partie sera attribuée à des organisations oeuvrant pour la justice environnementale comme le Dream Corps’ Green For All ou le Solutions Project, détaille le Washington Post, dont Bezos est le propriétaire.

La moitié de la somme reviendra à des structures spécialistes de la préservation de l’environnement, comme l’institut de recherche World Resources Institute, ou l’ONG Environmental Defense Fund. Le World Wildlife Fund (WWF), spécialiste de la protection du vivant, devrait recevoir 100 millions de dollars (84M€), soit un tiers de son budget annuel aux Etats-Unis. Cocasse, alors qu’Amazon est de plus en plus réputé pour bétonner les espaces naturels afin d’y bâtir ses entrepôts (Capital).

Jeff Bezos en 2018 © Seattle City Council

Béton sans CO2, compensation carbone, stade omnisports repeint en vert… Jeff Bezos fait preuve d’une combativité à toute épreuve pour faire oublier que sa multinationale est un responsable de premier plan de la crise climatique et du déclin du vivant. Dans un rapport publié à l’automne dernier, les Amis de la Terre, Attac et Solidaires avaient déterminé que les activités d’Amazon généraient autant de gaz à effet de serre qu’un pays comme le Portugal (55,8 millions de tonnes de CO2 en 2018). En outre, Amazon développe massivement le transport aérien pour pouvoir livrer ses produits à travers le globe en 24 heures. 

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S’il n’est pas surprenant que Bezos tente de s’acheter une image écolo, il est plus inquiétant que des ONG acceptent ses billets verts.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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