Bonnes feuilles

Des nouvelles de 2043 pour changer le présent

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Les éditions La mer salée signent un superbe recueil de nouvelles en provenance de l’année 2043, intitulé Les Utopiennes, signées par une trentaine d’autrices et auteurs. Dans cet extrait, l’éditrice Sandrine Roudaut plaide pour des récits qui dépeignent un monde alternatif afin de retrouver foi en l’humanité et en notre capacité à vivre sans détruire les écosystèmes.

«Si les livres d’hier ont semé les graines de notre réel, regardons celles semées dans les imaginaires aujourd’hui. Que nous racontent nos écrans et nos livres ? Culture de l’argent, drogue normalisée, serial killers, surveillance numérique, fables high-tech, dominant·es et dominé·es… La fiction contemporaine esthétise trop souvent une société mortifère et, ce faisant, elle la perpétue. Elle nous résigne à l’effondrement. Elle nous prédispose à l’affrontement. Notre fiction s’apparente à un sabotage en règle.

À force de crier au loup pour l’être humain, il finit par venir. À force de parler de dictature, de violence inéluctable, on finit par les guetter , par s’y préparer. À force de s’y préparer, elles en deviennent comme légitimes. Quand elles arrivent, c’est tel un dénouement logique.

Comment pourrions-nous alors croire en des perspectives moins sombres, si nous ne les voyions pas ? Comment pourrions-nous croire en nous, si nous ne nous lisions pas, tels des êtres dignes, courageux, persévérants, triomphants  ?

Écrire et publier des utopies, c’est soutenir la seule façon dont le monde s’est élevé.

Utopiste, parce que tout progrès de l’humanité, toute bifurcation de l’Histoire sont nés des utopies de quelques individus visionnaires. Droit de vote, fin de l’esclavage, congés payés, réunification allemande, invention d’Internet, de l’ampoule… Ces événements n’étaient pas dans les scénarios annoncés ; des utopistes les ont imaginés et réalisés.»

Vert publiera les bonnes feuilles de ce riche recueil de nouvelles.

Les Utopiennes, des nouvelles de 2043, ouvrage collectif, La mer salée, octobre 2023, 205p, 24€

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.