À Paris, la baignade dans la Seine autorisée à partir du 5 juillet : «un objectif d’adaptation au changement climatique»

Entrée en Seine.
Sept sites à l’accès gratuit, dont trois à Paris, seront ouverts à la baignade tous les jours de l’été 2025. Depuis 2016, 1,4 milliard d’euros ont été investis pour dépolluer les fleuves franciliens.

Après un siècle d’interdiction, la baignade dans la Seine sera réautorisée cet été, ainsi que dans la Marne, dans sept sites surveillés. À partir du 5 juillet et jusqu’au 31 août, les Parisien·nes pourront piquer une tête en continu sur les quais de Bercy, ainsi que le matin sur les rives du bras Marie, face à l’île Saint-Louis – là où la maire de la capitale Anne Hidalgo avait plongé un an plus tôt avec Tony Estanguet, le patron du comité d’organisation des JO, devant les caméras du monde entier. La nage sera aussi permise au niveau du bras de Grenelle – le matin également – dans le 15e arrondissement, avec vue sur la tour Eiffel en prime. Deux autres sites de baignade doivent ouvrir cet été en Ile-de-France, notamment à Joinville-le-Pont et Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne.

Paris, le 17 juillet 2024. La maire de Paris, Anne Hidalgo, lors de sa première baignade dans la Seine. © Hans Lucas via AFP

Depuis 2016, l’État et les collectivités ont investi plus de 1,4 milliard d’euros pour dépolluer la Seine, ainsi que la Marne, l’un des principaux affluents du fleuve. Les autorités font la chasse, depuis plusieurs mois, aux mauvais branchements des particuliers, dont les eaux usées sont encore rejetées directement dans les cours d’eau. «Depuis l’été 2024, 2 000 nouveaux branchements  [aux réseaux d’assainissement, NDLR] ont été opérés», a expliqué le préfet de la région Île-de-France, Marc Guillaume.

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Tout au long de l’été, des contrôles bactériologiques seront effectués quotidiennement par l’Agence régionale de santé (ARS) et, en cas de fortes pluies, la baignade pourra être suspendue, «comme à la plage», a fait valoir Anne Hidalgo. Des drapeaux – verts, jaunes et rouges – permettront de connaître le débit de la Seine et la qualité de l’eau, rendue impropre à la baignade par les pluies et orages estivaux pendant une partie des Jeux olympiques de 2024.

150 à 300 personnes en simultané

À quoi ressembleront ces zones de baignades ? À des piscines, délimitées par des pontons. Toutes seront équipées de douches et d’un poste de secours, et certaines de vestiaires. Le site de Grenelle disposera d’un fond, contrairement aux deux autres, où la Seine fait trois à quatre mètres de profondeur. La capacité d’accueil varie entre les sites, de 150 à 300 personnes en simultané.

Héritage des Jeux olympiques, la baignade dans la Seine répond d’abord «à un objectif d’adaptation au changement climatique, mais aussi de qualité de vie», a expliqué la maire de Paris, mercredi, lors d’une conférence de presse. Des négociations ont été réalisées avec les bateliers pour réduire la circulation aux heures de baignade.

En 1988, l’ancien président de la République – et à l’époque édile de Paris – Jacques Chirac, avait promis pendant sa campagne électorale de rendre la Seine de nouveau baignade et de le prouver en plongeant lui-même dans le fleuve. Une promesse qu’il n’a jamais tenue…

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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