Chronique

«Le mensonge Total» : une plongée dans les coulisses du champion des énergies fossiles

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Total ment. Le journaliste Mickaël Correia a réuni trois années d’investigations sur TotalEnergies dans un ouvrage coup-de-poing.

En 2023, année la plus chaude pour notre planète depuis le début des mesures, le champion français – et mondial – des fossiles, TotalEnergies, a réalisé un bénéfice record de presque 20 milliards d’euros.

Si Patrick Pouyanné, à la tête de l’entreprise depuis 2014, constitue une cible de choix pour les ONG, et que sa firme fait l’objet d’une commission d’enquête du Sénat, celle-ci garde les coudées franches pour poursuivre ses investissements dans l’extraction et l’exploitation des hydrocarbures. Avec des conséquences dramatiques sur la crise climatique.

C’est tout cela que raconte Mickaël Correia dans son ouvrage Le mensonge Total, qui réunit une trentaine d’enquêtes conduites par le journaliste de Mediapart sur le pétrolier. En se penchant sur les orientations climaticides de la firme française, ses opérations destructrices en Afrique, son lobbying «jusqu’au cœur de l’Élysée», le livre explore dans ses moindres recoins l’omnipotence économique de TotalEnergies. Comme en Ouganda, où TotalEnergies veut construire un oléoduc géant de 1 500 kilomètres de long – c’est le projet Eacop.

Dans le dernier chapitre, consacré à l’influence qu’exerce TotalEnergies sur les décisions politiques françaises («Au cœur de l’État»), on découvre la manière dont l’entreprise se place comme un acteur incontournable, de Bruxelles aux COP sur le climat. À Dubaï, lieu de la COP28, «six hauts cadres de la compagnie ont été accrédités directement par le gouvernement français» pour participer aux négociations, rappelle ainsi le journaliste.

Il ressort de la lecture de ce Mensonge Total l’extraordinaire cohérence climaticide de l’entreprise qui, au courant depuis les années 1970 du caractère destructeur de ses activités, a passé les 50 dernières années à tout faire pour qu’on la laisse faire.

Le mensonge Total, Mickaël Correia, éditions du Seuil, mars 2024, 176 pages, 19 €.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.