Trump l’œil. Depuis six semaines, le gouvernement de Donald Trump essaye de geler des fonds accordés à des ONG dans le cadre d’un plan de financement climat lancé par Joe Biden. L’administration dénonce des «fraudes»… sans pour autant être capable de prouver ces prétendues malversations.
Une bataille financière à quelque 20 milliards de dollars (18,7 milliards d’euros) se joue entre plusieurs organisations environnementales américaines (Climate united fund, Justice climate fund, Coalition for green capital…) et l’Agence de protection de l’environnement (EPA), depuis l’investiture de Donald Trump, rapporte le New York Times.
L’administration du nouveau président essaie tant bien que mal de prouver des malversations liées à la distribution de fonds dans le cadre de l’Inflation reduction act (l’IRA, un vaste plan de financements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis) lancé par Joe Biden en 2021. L’IRA fournit des incitations fiscales pour verdir l’industrie américaine, ainsi que des subventions – accordées via l’Agence de protection de l’environnement à des ONG, des collectivités ou des communautés autochtones.

Les financements en ligne de mire concernent un programme appelé Greenhouse gas reduction fund (fonds de réduction des gaz à effet de serre). Dans ce cadre, quelque 20 milliards de dollars doivent être redistribués par ces organisations à des entreprises, familles et collectifs locaux pour encourager le développement d’énergies vertes, en particulier dans des quartiers défavorisés.
Il y a deux semaines, le patron de l’EPA Lee Zeldin – un proche de Donald Trump – a fortement critiqué le programme et suggéré que les fonds avaient été frauduleusement accordés. Il réclame qu’ils soient rendus au gouvernement fédéral.
«Lingots d’or du Titanic»
Des enquêtes ont été ouvertes par le ministère de la justice et le FBI, mais n’ont pour l’instant pas permis de prouver des malversations. Mi-février, Denise Cheung, alors cheffe de la division pénale du bureau du procureur des États-Unis à Washington D.C., avait refusé de forcer la banque à geler les fonds et estimé ne pas avoir de preuves suffisantes. Elle avait ensuite démissionné – avant de révéler qu’on lui avait demandé de quitter son poste, dans une lettre obtenue par le New York Times.
Le gouvernement américain justifie ses attaques contre le programme de financements en se servant d’une vidéo postée il y a trois mois par le groupe d’extrême droite Project Veritas. Celui-ci est connu pour ses vidéos tronquées, réalisées lors d’enregistrements secrets auprès d’opposant·es politiques. Sur l’une d’entre elles, on voit un agent de l’EPA raconter que l’administration Biden était en train de «jeter des lingots d’or du Titanic» pour accorder des financements précipitamment, avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Ce dernier a démenti avoir fait référence à ces fonds verts en particulier.
Pour l’heure, les 20 milliards de dollars de financements demeurent gelés par la banque, ce qui met à mal certaines des organisations touchées, qui craignent de ne pas pouvoir payer les salaires de leurs employé·es. Nombre d’entre elles dénoncent des attaques partisanes illégales de la part du gouvernement Trump.
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