Analyse

Interview de Marion Maréchal par Darius Rochebin : quand la désinformation climatique s’immisce dans le débat médiatique

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Donald trompe. Le journaliste Darius Rochebin a posé une question surréaliste sur le climat à l’eurodéputée d’extrême droite Marion Maréchal, dans une interview sur LCI début février. Un traitement médiatique qui entretient le flou entre les faits scientifiques et la désinformation climatique pure et dure.

Il est frappant de constater qu’au gré d’interviews politiques, la désinformation climatique de Donald Trump continue de s’immiscer dans le débat médiatique français. Le 10 février dernier, Marion Maréchal était l’invitée de Darius Rochebin sur LCI. Après avoir couvert plusieurs sujets, le journaliste la questionne : «Donald Trump dit que toute cette histoire du climat, c’est une arnaque verte : est-ce que vous partagez ce point de vue ?». 

Ce décryptage a été réalisé par nos ami·es de Quota Climat, une association qui veut mettre l’écologie à la Une des médias, pour Chaleurs actuelles : la rubrique de Vert consacrée à la désinformation climatique et à l’extrême droite. Abonnez-vous gratuitement à la newsletter Chaleurs actuelles pour tout savoir de ces sujets majeurs.

C’est ainsi que, subrepticement, la science du climat et ses enseignements deviennent affaire de «point de vue», et non plus de savoir. La possibilité de qualifier le réchauffement climatique d’«arnaque» devient une opinion, plutôt qu’un fait.

Marion Maréchal a participé à l’émission «Face à Darius Rochebin», le 10 février dernier. © Capture d’écran LCI

Ce glissement, non pas uniquement sémantique, mais idéologique, est lourd de conséquences : tout d’abord, parce qu’il permet d’élargir la fenêtre d’Overton (le périmètre de ce qui peut être discuté, ce qui n’est pas jugé inacceptable). En démontrant à l’extrême-droite que la critique de la science est un terrain de jeu normalisé, cette séquence médiatique lui ouvre le champ des possibles.

Ensuite, au-delà de la dédiabolisation de la désinformation climatique, cette séquence envoie un signal fort à celles et ceux activement impliqué·es dans la production de contenus fallacieux : leur stratégie fonctionne. À force de ne pas se préoccuper des enjeux environnementaux, de ne pas se former, de ne pas en faire une priorité éditoriale, un certain nombre de journalistes et de médias deviennent des cibles atteignables, afin d’amplifier des discours jusqu’à récemment périphériques.

La désinformation climatique gagne du terrain médiatique – et donc politique. C’est un signal de l’état d’urgence informationnel dans lequel nous nous trouvons.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.