La quotidienne

Reboot en train

Chères toutes et chers tous,

📅 Une économie écoféministe est-elle possible ? Samedi 27 avril, l’association des Impactrices organise son Printemps à l’académie du climat, à Paris. Une journée pour réfléchir aux questions de genre et de diversité dans la transition écologique. Juliette Quef animera une table-ronde aux côtés d’Eva Sadoun, Léa Lejeune et Viviane Bondoma. Programme et inscription juste là.


Et si on faisait table rase des trajets en avion pour pouvoir profiter du voyage à fond ?


Mateo Bales et LouanneManShow ont voyagé en train jusqu’en Grèce pour «montrer tout ce qu’on loupe sur le chemin lorsqu’on voyage en avion»

Mateo Bales et LouanneManShow sont deux «petits plaisantins des Internets». Mateo crée des sketchs sur Instagram et YouTube, tout comme Louanne qui embarque ses abonné·es lors de ses voyages. À Vert, elle et il racontent leur dernier voyage en train qui a duré deux mois et les a menés en Grèce, et leurs aventures les plus insolites.
 

Pourquoi êtes-vous allés jusqu’en Grèce en train ?

Louanne : L’idée était d’aller dans l’endroit le plus prisé des influenceurs, à Santorin [une île grecque, NDLR], et de calculer l’empreinte carbone de tout le voyage - ce voyage était sponsorisé par une boîte suisse qui parle de décarbonation. On a fait un petit carnet avec toutes les statistiques, les kilomètres parcourus, l’alimentation végétarienne… et j’ai transmis ces informations aux deux scientifiques qui nous suivaient. C’est devenu un projet engagé.

Mateo : Pour nous, l’important c’est de montrer tout ce qu’on loupe sur le chemin lorsqu’on voyage en avion. On veut montrer qu’on kiffe et qu’on passe des voyages de ouf alors qu’on ne part pas dans des hôtels de luxe et qu’on ne prend pas l’avion.

Louanne et Mateo dans le train. © DR

Qu’est-ce que vous retenez de ce voyage ?

Mateo : Nous sommes partis deux mois ; c’est génial de partir longtemps. Tu as le temps de tomber malade, de te rétablir, de t’établir quelque part, de rencontrer des gens. Pour moi, ce voyage a été comme ces boules qu’on secoue avec de la neige dedans : très intense, avec beaucoup de choses.

Louanne : Le mood était vraiment cool. Le fait qu’on travaille sur le chemin m’a fait kiffer ; ça a été un flux de créativité. J’en retiens aussi beaucoup de liberté. Globalement, c’est facile de voyager en Europe, il y a Google partout. Ça ne m’est jamais arrivé de galérer, même s’il n’y a pas beaucoup de trains dans les Balkans, dans le Sud de l’Europe. J’aime cette manière de voyager où on se dit qu’on ne prévoit rien et qu’on sait pas où on va le lendemain.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet entretien réalisé par Juliette Quef.

· Mercredi, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a dévoilé 424 projets qui pourront échapper à la loi «zéro artificialisation nette» des sols. Ils seront exclus des décomptes régionaux mais intègreront un «forfait» national. On retrouve dans la liste des projets controversés comme l’autoroute A69, l’axe ferroviaire Lyon-Turin, le centre de stockage de déchets nucléaires Cigéo ou le projet de mine de lithium en Allier. - Actu-environnement

· Mercredi également, le ministre de l’Industrie Roland Lescure a confirmé que la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (la stratégie française pour la transition énergétique qui fixe les objectifs par filière), ne sera pas discutée et sera adoptée par décret. La loi prévoit pourtant un débat parlementaire, mais l’exécutif se justifie en expliquant que les oppositions entre pro-nucléaires et pro-«renouvelables» freineraient la «volonté d’être efficace» du gouvernement. - Le Monde (abonné·es)

· Jeudi, une enquête de l'ONG Earthsight a dénoncé les liens entre H&M et Zara et des activités de déforestation illégale à grande échelle au Brésil. Les deux marques exploiteraient des champs de coton pour fabriquer des jeans, ce qui participe à la destruction de la savane arborée du Cerrado brésilien. - Le Monde

Le temps, c’est de l’argent. TikTok propose une nouvelle version de son application, nommée TikTok Lite, permettant aux usager·es de gagner des chèques-cadeaux Amazon en visionnant des vidéos. Chaque action réalisée sur l’application permet d’être rémunéré·e en pièces virtuelles - 100 devises valant un centime. Il est possible de gagner 200 à 900 pièces pour une connexion quotidienne au réseau social, 150 pour trois vidéos «likées» ou trois comptes suivis, 1 500 pièces pour 10 minutes de visionnage, 4 200 pièces pour 25 minutes… Ces récompenses sont ensuite convertibles en chèques-cadeaux Amazon. Une nouvelle formule qui risque d’accentuer le potentiel addictif du réseau social, en particulier chez les jeunes.

«Le grand moteur de la vie, c’est la compétition»

Entre les lignes. Animateur des podcasts «Baleine sous gravillon» ou «Mécaniques du vivant», Marc Mortelmans publie le 19 avril 2024 aux éditions de l'Atelier un ouvrage pour en finir avec les idées reçues sur le vivant. Vert publie en exclusivité plusieurs extraits. Aujourd’hui, l’idée reçue 22 : «Le grand moteur de la vie, c'est la compétition».

Le vivant n’est que liens (ou interactions). Aucune espèce ne vit dans sa bulle, chacune interagit avec d’autres en permanence. L’une de ces interactions, surmédiatisée, dans les documentaires animaliers, c’est la prédation : «Je te mange ou tu me manges». Mais il y en a beaucoup d’autres ! Et pour les comprendre – et les distinguer – il faut se demander pour chaque espèce : qui lui apporte un bénéfice ? qui la prive de quelque chose ? qui existe autour d’elle de manière neutre, sans rien lui apporter ou lui prendre ? En gros : qui gagne, qui perd, et qui regarde passer les trains ?
 

De l’inégalité parmi les sociétés du vivant : des gagnants et des perdants

Les interactions qui suivent impliquent toutes qu’une espèce l’emporte sur l’autre.

Une espèce fait du mal à une autre, sans en tirer de bénéfice. Exemple : j’écrase une fourmi sans le savoir. Bilan : 1 perdant (la fourmi), 0 gagnant.

«En finir avec les idées reçues sur le monde vivant», Marc Mortelmans, éditions de l’Atelier, 19 avril 2024, 344 pages, 13,50 €. Plus d’infos ici.

Une espèce vit aux dépens des ressources d’une autre. Exemple : les vers solitaires. Bilan : 1 perdant (l’hôte), 1 gagnant (le parasite).

À la différence du parasitisme, l’espèce «prédatrice» ne se contente pas de s’approprier une partie des ressources, elle prend tout, la bourse ET la vie. Exemple : les lions tuent et mangent les zèbres. Bilan : 1 gagnant (les lions), 1 perdant (les zèbres). Toute sortie est définitive. 

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet extrait et découvrir des exemples de coopération entre espèces.

L’appel de la forêt de Fontainebleau

Aux arbres ! La forêt de Fontainebleau a été le lieu d’une des premières prises de conscience écologiques en France, et c’est l’objet d’un podcast en deux épisodes sur France Culture. Au 19e siècle, la mobilisation d’écrivain·es et de peintres comme George Sand et Théodore Rousseau, qui est exposé en ce moment à Paris, est à l’origine de la création de ce que l’on nomme alors des «réserves artistiques».

© France Culture

+ Alexandre Carré, Aurélie Delmas, Jennifer Gallé et Justine Prados ont contribué à ce numéro.