Édition du 5 janvier 2023

Maso-schiste

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L’Europe veut se passer du gaz russe avec des solutions qui polluent encore plus.


Comment la France est devenue championne du monde des importations de gaz de schiste en 2022

Au nom du schiste. Avec la guerre en Ukraine, l’Europe a troqué sa dépendance au gaz russe contre des importations américaines, majoritairement composées de gaz de schiste. La France est même passée en tête des pays importateurs, éclipsant des géants comme la Chine ou l’Inde.

Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Union européenne s’est sevrée tant bien que mal des hydrocarbures russes. Elle y est arrivée parfois de gré – en décidant d’un embargo sur le charbon et le pétrole – mais surtout de force depuis que le Kremlin resserre à sa guise les vannes de ses gazoducs. Avant l’éclatement du conflit, le gaz russe représentait encore 45 % de l’approvisionnement européen.

Pour s’en passer, l’Europe s’est précipitamment tournée vers les États-Unis dont elle importe massivement du gaz naturel liquéfié (Euractiv). Or, la liquéfaction du gaz, son transport par bateau, puis sa regazéification sont des processus très énergivores. Surtout, le gaz américain est composé à 79 % de gaz de schiste. Or, son extraction, par fracturation hydraulique de roches sédimentaires, est l’une des méthodes les plus sales qui soient.