Édition du 15 décembre 2022

Grande heure nature

Chères toutes et chers tous,

 
? Ceci est l’avant-dernière édition quotidienne de Vert avant la pause de fin d’année. La semaine prochaine, vous aurez droit à une édition spéciale sur le bilan de la COP15, dont les négociations se terminent lundi ; vous recevrez bientôt un numéro plein d’optimisme consacré aux bonnes nouvelles de 2022. Et enfin, le bêtisier de l’année, avec des vrais morceaux de ministres dedans.


Pour restaurer le vivant avant la fin de la décennie, États et entreprises inventent des concepts dont certain·es se méfient.


Après la neutralité carbone, les entreprises veulent devenir « nature positive »

La positive attitude. À Montréal (Canada), où se tient la 15ème conférence mondiale (COP15) sur la biodiversité, un terme fait florès : « nature positive » (c’est de l’anglais).

« Plus de biodiversité en 2030 qu’aujourd’hui : c’est ça, le nature positive », explique à Vert Pierre Cannet, directeur du plaidoyer et des campagnes de WWF France. Porté par de nombreuses ONG telles que Birdlife ou le WWF, ainsi que par des coalitions d’entreprises, cet objectif se veut une sorte d’équivalent pour la biodiversité de la neutralité carbone.

Au palais des congrès de Montréal, un graphique dessine la trajectoire idéale  : après un effondrement inédit des populations animales et végétales ces dernières décennies, la courbe se redresse, atteint un point d’équilibre en 2030 puis réussit l’exploit d’une «  régénération complète  » en 2050 ©  Juliette Quef / Vert

Plusieurs organisations, qui trouvent le concept peu clair, flairent un risque de greenwashing de la part du secteur privé. Pour parvenir à un effet « positif » sur le vivant, certaines grandes entreprises n’hésitent pas à promettre une « compensation écologique » : c’est-à-dire à contrebalancer leurs destructions de biodiversité par la restauration de milieux naturels par ailleurs. C’est le cas de TotalEnergies en Ouganda qui, tout comme British Petroleum (BP) ou Ikea, fait partie du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable qui soutient officiellement l’initiative.